Le grave accident de Thibaut Charbonneau, restaurateur toulousain, a bouleversé le milieu de la restauration. Dans le coma après avoir été percuté par une voiture à Angers, son état reste préoccupant. Sa famille reste à son chevet tandis que son équipe continue à faire tourner son établissement.
Thibaut Charbonneau, connu aussi sous le surnom de “Titi”, a été victime d’un grave accident de la route, le 1er février à Angers. Depuis, ce restaurateur toulousain de 37 ans, qui avait ouvert un bistrot, Standard, place Saint-Etienne, en juillet 2025, se trouve dans le coma. Cette nouvelle a provoqué une onde de choc dans le milieu de la restauration, où il est bien connu dans la Ville rose : avant d’ouvrir cette affaire, il avait notamment officié au Comptoir Occitan, à la Table du Vigneron et chez Maison Sarment, aux Carmes.
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Ce week-end-là, il avait fait le déplacement en Maine-et-Loire pour se rendre dans un salon des vins, à la rencontre des producteurs. Le soir, peu avant minuit, alors qu’il rentrait à son logement, il a été percuté de plein fouet par une voiture alors qu’il tentait de traverser une voie rapide. Il a été victime de fractures à la jambe, à la mâchoire et au bassin, d’un traumatisme crânien et a été pris en charge en arrêt cardiorespiratoire. Il a passé plusieurs semaines en réanimation au CHU d’Angers et vient d’être transféré en soins intensifs.
“On ne lâche pas”
En son absence, le restaurant de la rue Riguepels continue de tourner. “Chez Titi”, comme il est affiché sur la devanture, Thibaut se sentait chez lui. D’après ceux qui le connaissent bien, il avait réussi à en faire un endroit à son image, convivial et chaleureux, dans lequel il avait carte blanche. L’équipe, très émue par le drame, a “pris l’initiative de continuer”, tout en adaptant ses horaires d’ouverture (l’établissement est désormais fermé le dimanche soir, le lundi et mardi). “C’est ce qu’il aurait voulu et on s’y tient, confie Véronique, amie de Thibaut, qui travaille chez Standard depuis septembre. On doit faire face au quotidien, tout en étant dans l’attente. Il nous a tous recrutés par amitié, c’est quelqu’un de très humain, toujours dans l’empathie et le partage. On ne lâche pas, en espérant qu’il puisse revenir un jour.”
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Ses parents se sont rendus au chevet du blessé, en faisant le déplacement depuis Cannes, à 1000 km d’Angers. Ses deux sœurs sont venues également. “On se relaie au quotidien. On essaie de le stimuler : on lui lit tous les messages Whatsapp qu’on reçoit, des recettes de cuisine, on lui montre des photos et des vidéos, sans être sûrs qu’il les voit, confie son père, Maurice. On lui fait écouter de la musique. On sait que dans ce genre de réveil, le patient peut être extrêmement anxieux.” L’état de Thibaut a évolué mais il reste très préoccupant : “Il est sorti d’affaire sur un plan physique, il respire tout seul, il ouvre les yeux, il bouge un peu mais il n’a pas repris conscience, poursuit la famille. Les médecins ne savent pas comment il va évoluer.”
Pour l’instant, Thibaut ne peut pas être transporté. Pour la famille, la situation est très difficile à vivre, surtout aussi loin de leur domicile. Après des semaines à enchaîner les hôtels et les locations temporaires, le père de Thibaut a posté le 5 mars un message sur le groupe Facebook “Vivre à Angers”, afin de trouver un logement. Il a reçu un millier de partages et d’innombrables messages de soutien. Cet élan de solidarité angevin s’est ajouté à l’émoi toulousain. Et la famille a trouvé un pied-à-terre pour demeurer auprès de lui. “On vit au jour le jour. On n’essaie pas de se projeter, ajoutent-ils. Pour des parents, c’est l’épreuve la plus difficile qui soit. Ça a renforcé nos liens. Nous devons rester soudés, car ça risque d’être un très long process.”

