Le quartier du bar Le Constellation, quelques heures après la catastrophe, ce jeudi 1er janvier. MAXIME SCHMID / AFP
En pleine nuit du Réveillon, un incendie, suivi d’une explosion massive, a tué des dizaines de clients dans un bar de la station de ski de Crans-Montana, en Suisse. Voici les principales informations à retenir de ce jeudi 1er janvier.
Au moins 40 morts à Crans-Montana
Un incendie accidentel, survenu la nuit du Nouvel An dans un bar bondé de la station de ski suisse de Crans-Montana, a fait une quarantaine de morts et environ 115 blessés, a annoncé la police du canton du Valais. Les propriétaires du bar Le Constellation sont un couple de Français, originaires de Corse.
« Nous dénombrons une quarantaine de personnes décédées et environ 115 blessés, la plupart grièvement », a annoncé le chef de la police cantonale, Frédéric Gisler, au cours d’une conférence de presse à Sion (sud-ouest de la Suisse), tandis qu’à ses côtés le président de la fédération Guy Parmelin évoquait « une des pires tragédies » que la Suisse ait connu.
Les autorités du Valais, qui ont ouvert une instruction pour « incendie », ne s’avancent pas dans l’immédiat sur les causes du drame, mais plusieurs témoignages concordent sur l’éventuelle cause du sinistre. Ces témoignages diffusés par différents médias suisses, français et italiens indiquent que des bougies étincelles fixées sur des bouteilles brandies par une personne juchée sur les épaules d’une autre avaient provoqué l’incendie en touchant le plafond. Ces mêmes témoins ont précisé qu’il s’agissait d’un « show » habituel dans l’établissement. « Il me semble qu’il y avait des dames, des serveuses, avec des bouteilles de champagne avec des petites fusées. Elles ont été trop, trop près du plafond, et ça a pris feu d’un coup », raconte Axel, présent au moment du drame, au média italien Local Team.
Une église flambe à Amsterdam
Un gigantesque incendie a ravagé une église d’Amsterdam datant du XIXe siècle, alors que les Pays-Bas passaient une Saint-Sylvestre mouvementée, avec deux morts liés aux feux d’artifice et des violences sans précédent contre la police. Le feu s’est déclaré pour une raison inconnue aux premières heures à la Vondelkerk, une attraction touristique qui surplombe l’un des principaux parcs de la ville depuis 1872. La tour de 50 mètres de haut s’est effondrée et le toit a été gravement endommagé, mais la structure devrait rester intacte, ont indiqué les autorités d’Amsterdam.
Le clocher de la Vondelkerk en feu, dans la nuit. LAURENS NIEZEN / AFP
La présidente du syndicat de la police néerlandaise, Nine Kooiman, a fait état d’une « quantité sans précédent de violences contre la police et les services de secours » durant la nuit du nouvel an. Deux personnes, un garçon de 17 ans et un homme de 38 ans, ont été tuées dans des accidents liés aux feux d’artifice. Trois autres ont été grièvement blessées. C’était la dernière année avant une interdiction attendue des feux d’artifice non autorisés, si bien que les Néerlandais en ont acheté en très grandes quantités.
La nuit a également été agitée dans de nombreuses villes allemandes. À Berlin, la police a arrêté environ 430 suspects après des attaques parfois massives contre ses forces d’intervention et a recensé 35 agents blessés, selon des sources policières. La police locale a évoqué des « attaques parfois considérables contre les forces d’intervention et de secours, notamment par des tirs ou des jets d’objets pyrotechniques », entraînant l’hospitalisation de deux policiers. Par ailleurs, deux jeunes de 18 ans sont morts à Bielefeld, dans l’ouest de l’Allemagne à la suite de l’utilisation d’engins de pyrotechnie artisanale. Les deux jeunes hommes « ont déclenché de manière incontrôlée des engins pyrotechniques qu’ils avaient fabriqués eux-mêmes, à des endroits différents », et ont « subi des blessures mortelles au visage », selon la police locale.
De nombreux heurts ont également émaillé la Saint-Sylvestre en Belgique : la police a annoncé avoir arrêté 70 personnes à Bruxelles et avoir été visée « à plusieurs reprises » par des tirs de feux d’artifice lors d’interventions. Plus de 100 personnes, dont de nombreux mineurs, ont également été interpellées à Anvers, pour avoir projeté des feux d’artifice en direction des forces de l’ordre. La police a utilisé des gaz lacrymogènes en réponse. Un garçon de 12 ans a été grièvement blessé lors de cette soirée.
Nuit plus calme à Paris
125 personnes ont été placées en garde à vue à Paris après avoir interpellées en marge des festivités du Nouvel An, soit un peu plus que l’année dernière où elles étaient 104, a indiqué le parquet. Le ministère public précise n’avoir été avisé d’aucun incendie de véhicule ni mobilier urbain dans la capitale.
Les 125 personnes placées en garde à vue sont âgées de 17 à 53 ans. Une seule femme figure parmi elles tandis que 15 sont mineures (dont au moins trois ne relèvent pas du parquet de Paris en raison de leur commune de résidence), a-t-il expliqué. 33 personnes ont été arrêtées pour violences volontaires, 15 pour participation à groupement en vue de commettre des violences ou dégradations, dix pour détention de produits psychotropes (notamment détention de bombonnes de protoxyde d’azote) et huit pour usage de stupéfiants, a détaillé le parquet.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait assuré mercredi qu’« aucun débordement » ne serait toléré pendant ce réveillon, promettant des « interpellations systématiques » en cas de troubles. Environ 90 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés pour cette soirée en France, dont 10 000 pour Paris et la petite couronne.
Investiture de Mamdani à New York
Malgré le froid (-3 °C), des milliers de personnes se sont rassemblées dans le sud de Manhattan pour assister à la cérémonie d’intronisation du nouveau maire de New York Zohran Mamdani, tout juste entré en fonction. Jusqu’à 40 000 personnes sont attendues pour cette célébration autour du nouvel élu, qui va de nouveau prêter serment, après l’avoir déjà fait peu après minuit lors d’une brève cérémonie privée.
Après Letitia James, la procureure démocrate de l’Etat de New York, ennemie déclarée de Donald Trump, c’est le champion de la gauche américaine, le sénateur Bernie Sanders, qui fera prêter serment au nouveau maire de 34 ans. Comme il l’a fait durant la nuit, c’est sur un exemplaire du Coran que le premier maire musulman de la ville lèvera la main.
Une autre figure de la gauche américaine, l’élue Alexandria Ocasio-Cortez, issue comme Zohran Mamdani de la petite formation des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), prendra ensuite la parole. Après un discours du maire, des concerts et des DJs sont prévus pour animer cette célébration présentée par ses organisateurs comme une grande « fête de quartier » le long de la célèbre avenue de Broadway.
Nouvelle cyberattaque contre La Poste
Paralysés par une nouvelle cyberattaque, les sites de La Poste et de La Banque postale ont été inaccessibles une grande partie de la journée, quelques jours après une précédente attaque massive qui avait fortement perturbé le suivi des colis pendant la période de Noël. D’après une page internet du groupe, ce nouvel incident, qui concernait de nombreux services en ligne liés à La Poste, comme le suivi des colis, le coffre-fort numérique Digiposte ou l’application de La Banque postale, a débuté vers 3h30 et s’est achevé vers 17h.
Comme la semaine dernière, le groupe évoque auprès de l’AFP une attaque d’une « ampleur inédite ». Il s’agissait d’une attaque par déni de service : les pirates multiplient volontairement les requêtes vers les serveurs d’un service pour les saturer, ce qui les rend inaccessibles aux utilisateurs lambda. Le même modus operandi que la précédente attaque qui avait fortement perturbé l’accès à plusieurs services de La Poste, dont le suivi de la livraison des colis, à partir du lundi 22 décembre et pendant plusieurs jours.
Cette attaque avait été revendiquée par un groupe de hackers prorusses, NoName057(16), responsable de multiples opérations visant principalement l’Ukraine mais aussi ses alliés, dont la France. Après une plainte de La Poste, une enquête a été ouverte par le parquet de Paris, confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à l’unité nationale cyber.

