La colère ne retombe pas chez les taxis du Gers. Après s’être mobilisés aux côtés des ambulanciers le 2 avril dernier à Auch, les syndicats Arc Atlantique Taxis 32 et l’UNT 32 dénoncent dans un communiqué offensif les annonces issues de la réunion du 24 avril 2026 avec le ministère des Transports. Annonces jugées très loin de répondre à l’urgence provoquée par l’explosion des prix du carburant.
Au centre des critiques : l’aide annoncée de 50 euros sur trois mois. “Une provocation”, tranche sans détour Fabien Diaz, président d’Arc Atlantique Taxis 32. Dans son cas, la facture grimpe entre 400 et 500 euros supplémentaires chaque mois. Une hausse qui, selon lui, fragilise immédiatement les indépendants et menace, à court terme, les entreprises employant des salariés. “Elles n’auront bientôt plus d’autre choix que de licencier”, prévient-il.
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Les taxis dénoncent également des réponses “hors sol”. La revalorisation du taximètre est jugée inopérante, tandis que les annonces autour de l’électrification du secteur apparaissent, selon eux, déconnectées des réalités du terrain. “Aucun financement clair, aucune infrastructure prête”, résume Fabien Diaz. À cela s’ajoute le silence sur le transport sanitaire, pourtant essentiel dans des territoires ruraux comme le Gers, où les taxis jouent un rôle clé dans l’accès aux soins.
Réunion publique
Face à ce qu’ils considèrent comme du “mépris”, les professionnels avancent des revendications précises : un plafonnement du carburant à 1,90 euro le litre, la mise en place d’une TICPE flottante et une réforme structurelle pour garantir la pérennité du secteur. “L’État peut agir, mais il ne le fait pas”, accuse le président, qui élargit cette demande de plafonnement à l’ensemble des citoyens confrontés à la hausse des prix.
Dans ce contexte tendu, une réunion publique est annoncée le 30 mai à Auch. Organisée à la salle du Mouzon, elle réunira taxis, ambulanciers, représentants agricoles et élus locaux. Députés, sénateurs et la présidente de région Carole Delga ont été invités. “On va les mettre face à leurs contradictions”, prévient Fabien Diaz.
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L’objectif : confronter directement les décideurs politiques aux réalités économiques du terrain, mais aussi donner la parole aux citoyens. “Il y aura un micro ouvert. Tout le monde pourra s’exprimer. On veut que chacun entende ce qui se passe réellement”, insiste-t-il.
Au-delà d’un simple échange, cette réunion est présentée comme un tournant. “Les courriers, ça ne veut plus rien dire. On veut des actes”, martèle le syndicaliste. Les organisations espèrent ainsi créer un rapport de force et élargir la mobilisation à d’autres professions touchées par la crise.
Car la suite pourrait être plus musclée. “Les opérations symboliques, c’est terminé”, avertit Fabien Diaz, évoquant des actions encore non définies mais “sur la table”. Pour les taxis gersois, l’enjeu dépasse leur profession : ils alertent sur le risque de voir disparaître un tissu d’entreprises locales, au profit de modèles plus précaires. “Ils veulent ubériser la société.” Une inquiétude qui, selon eux, sera au cœur des échanges le 30 mai.

