Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors d’une conférence de presse à Kiev (Ukraine) le 24 février 2026, pour le quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. TETIANA DZHAFAROVA / AFP
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Il a fallu attendre dix jours après la défaite d’Orban. Après des mois de blocage, Budapest a levé ce mercredi 22 avril son veto au versement d’un prêt venant de l’Union européenne de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, a appris l’AFP de sources diplomatiques.
• Le prêt de 90 milliards d’euros enfin débloqué
L’Union européenne a donné un premier feu vert ce mercredi au versement d’un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, a-t-on appris de sources diplomatiques. Un vingtième paquet de sanctions contre la Russie a également été approuvé, selon la présidence chypriote de l’UE.
Chypre, qui assure la présence semestrielle du conseil de l’UE, a annoncé avoir lancé la procédure devant aboutir à un accord des Vingt-Sept, et permettre les premiers versements de ce prêt, bloqués jusqu’à présent par la Hongrie.
Budapest a donné son accord au lancement de cette procédure, qui prendra fin jeudi.
• Des mois de blocage par la Hongrie
Depuis des mois, la Hongrie bloque le versement de ce prêt, indispensable à l’Ukraine pour poursuivre sa guerre contre la Russie, tant que les livraisons de pétrole russe, transitant par l’Ukraine, ne reprendraient pas. « Pas de pétrole, pas d’argent », le résumait l’ancien Premier ministre Viktor Orbán.
L’oléoduc Droujba (« amitié » en russe), qui transporte ce brut, traverse l’Ukraine, où il a été endommagé par des frappes russes en janvier. La Hongrie a alors accusé Kiev de traîner les pieds pour le réparer et décider de bloquer le versement de ce prêt, tant qu’elle ne serait pas à nouveau livrée en pétrole russe. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré mardi que « Droujba » était désormais réparé.
• « En principe, tous les obstacles sont levés »
Plus tôt dans la journée, les représentants des 27 à Bruxelles ont commencé une réunion, permettant de débloquer le prêt. L’ambassadeur chypriote a d’abord demandé à ses homologues des Vingt-Sept d’approuver le principe d’une procédure écrite. Dans le jargon bruxellois, celle-ci donne un certain délai à chaque Etat membre pour dire, par écrit, s’il est d’accord ou non.
Une réponse positive, qui vaut accord, permettant à la Commission européenne de prendre les mesures nécessaires au paiement à l’Ukraine d’une première tranche de ce prêt. L’UE a prévu de verser 45 milliards en 2026 et la même somme en 2027.
« Nous nous attendons à un accord dans les 24 heures. Je ne veux pas nous porter la poisse, mais j’espère que tout se passera bien », a déclaré mardi la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas aux journalistes lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Luxembourg.
« En principe, tous les obstacles sont levés. » Et ils doivent aussi l’être pour l’adoption de nouvelles sanctions contre la Russie, également bloquée depuis des mois par un veto de la Hongrie, mais qu’elle pourrait également lever, après la défaite de Viktor Orbán le 12 avril, qui a vu le conservateur pro-européen Péter Magyar remporter les élections législatives.

