Deux patients diabétiques traités par Ozempic ont dû interrompre immédiatement leur traitement après avoir subi une perte brutale de la vue. Cette maladie, appelée NOIAN, a été reconnue comme un effet indésirable très rare de ce médicament.
Deux hommes tirent la sonnette d’alarme autour d’un traitement fréquemment prescrit contre le diabète de type 2, dans les colonnes des Dernières Nouvelles d’Alsace. Gilles Maron, 75 ans, et Michel Woerly, 70 ans, ont tous deux été touchés par une neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique (NOIAN), une affection rare du nerf optique provoquant une perte brutale de la vision.
Installé à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), Gilles Maron a vu sa vie basculer en 2023. “Je ne vois aucune lettre. Je suis incapable de me servir du clavier”, confie ce retraité au journal régional, dont la vue s’est dégradée en seulement 48 heures.
Depuis, cet ancien directeur des produits dérivés chez Hachette Collections ne peut plus conduire, lire ni écrire. Il évoque un quotidien devenu très compliqué, au point d’utiliser des lunettes connectées pour l’aider dans les gestes les plus simples.
“Je ne vois plus les couleurs”
Diabétique de type 2, il suivait un traitement par Ozempic depuis 2020. Mais ce n’est qu’en décembre 2024, après un appel de sa diabétologue, qu’il découvre l’existence d’études danoises évoquant un possible lien entre le sémaglutide, la molécule contenue dans Ozempic et Wegovy, et un risque accru de développer une NOIAN.
À Cazaubon, dans le Gers, Michel Woerly a connu un choc similaire au début de l’année 2025. L’ancien kinésithérapeute a perdu une grande partie de la vision de son œil droit en moins de deux jours. Lui aussi était traité par Ozempic depuis quelques mois. “Je ne vois plus les couleurs. Une énorme tache grise encombre ma vision”, raconte le septuagénaire, qui dit avoir stoppé immédiatement le traitement après avoir été alerté par son épouse.
Aucun lien de causalité formel encore établi
À ce stade, aucun lien de causalité formel n’est établi entre l’Ozempic et les troubles visuels de ces deux patients. Le diabète et l’obésité restent en effet des facteurs de risque connus de NOIAN.
Mais le 6 juin 2025, le comité de pharmacovigilance de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a reconnu la NOIAN comme un effet indésirable “très rare” des traitements à base de sémaglutide, parmi lesquels Ozempic, Wegovy et Rybelsus. Cette complication pourrait concerner jusqu’à un patient sur 10 000. L’EMA recommande de consulter immédiatement en cas de baisse soudaine de la vision. Si une NOIAN est confirmée, le traitement doit être interrompu.
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Le laboratoire Novo Nordisk assure avoir mis à jour, conformément aux recommandations du comité de pharmacovigilance de l’Agence européenne des médicaments (EMA), les notices de ses traitements à base de sémaglutide, notamment pour l’Ozempic et le Wegovy. La neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique (NOIAN) y figure désormais comme un effet indésirable très rare.
L’Ozempic détourné pour perdre du poids
Initialement prescrit aux patients atteints de diabète de type 2, l’Ozempic est aussi de plus en plus utilisé pour favoriser la perte de poids. Son principe actif, le sémaglutide, agit notamment sur l’appétit et ralentit la vidange de l’estomac, ce qui peut entraîner une diminution des prises alimentaires. Si cette utilisation a largement contribué à sa popularité, en particulier sur les réseaux sociaux, l’Ozempic reste uniquement délivré sur prescription en France.

