Des supporters espagnols lors du match entre l’Espagne et l’Egypte au stade de Cornella près de Barcelone, le 31 mars 2026. LLUIS GENE / AFP
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Une marée rouge et jaune qui crie : « Qui ne saute pas est musulman ! » La scène se déroule mardi 31 mars au soir dans le stade de Cornella, à Barcelone, lors d’un match amical de football entre l’Espagne et l’Egypte. Le chant raciste, entonné par un groupe de supporters de la Roja à l’encontre de l’équipe adversaire, a provoqué de vives réactions en Espagne.
Dans la soirée, à la mi-temps, un message avait été affiché sur les écrans géants, rappelant que la loi « interdit et sanctionne la participation active à des actes violents, xénophobes, homophobes ou racistes ». Ce mercredi, la police catalane a annoncé l’ouverture d’une enquête. « Nous enquêtons sur les chants islamophobes et xénophobes d’hier au RCDE Stadium lors du match amical Espagne-Egypte », a indiqué la police catalane sur X.
« Honte »
Très vite, le gouvernement espagnol s’est exprimé sur le sujet avec un message posté sur X par le ministre de la Justice. Dans ce texte, Félix Bolaños affirme que ces « insultes et les chants racistes » provoquent un sentiment de « honte » au sein de la société espagnole.
« L’extrême droite ne laissera aucun espace libre de sa haine et celles et ceux qui se taisent aujourd’hui en seront complices », a-t-il accusé, assurant que le gouvernement de gauche du Premier ministre Pedro Sánchez « continu[ait] à travailler pour un pays tolérant et respectueux de toutes et tous ».
« Un dégoût total et absolu »
La Fédération espagnole de Football avait dit mardi soir « condamner tout acte de violence dans les stades » et « s’associer au message d’un football contre le racisme ». Son président, Rafael Louzán, a lui évoqué des chants « isolés » qui « ne doivent pas se reproduire ».
En conférence de presse d’après match, le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente avait, pour sa part, dit ressentir du « dégoût total et absolu face à toute attitude xénophobe, raciste ou irrespectueuse », dénonçant des chants « intolérables » et appelant à « identifier » et sanctionner leurs auteurs.
« Nous devons tous nous entraider pour que les chants racistes soient éradiqués des terrains de football », avait ajouté le milieu de terrain Pedri face à la presse. « Nous n’aimons pas ça. »
Mercredi, la star du FC Barcelone et de la sélection espagnole Lamine Yamal a également dénoncé les chants dans une publication postée sur Instagram. « Hier au stade, on a entendu le chant “Qui ne saute pas est musulman”. Je sais que c’était en direction de l’équipe adverse, et pas personnel contre moi, mais en tant que personne musulmane, cela reste un manque de respect et quelque chose d’intolérable », a-t-il écrit.

