Cloé Corréa franchit une nouvelle étape avec cette première sélection. À 22 ans, la seconde ligne du Stade Toulousain, formée au SCA, atteint enfin l’équipe de France après 5 ans en seniors. Annoncée comme un grand espoir du rugby féminin dès ses débuts, elle a connu quelques désillusions avant d’y arriver.
Ce jour-là, Yogane Corréa, l’ancien deuxième ligne du SCA, s’en souvient très bien. C’était il y a huit ans, pour son mariage. Sa fille, Cloé, lui dit qu’elle fera un jour ce qu’il n’a pas fait : porter le maillot des Bleus (il a porté celui du Sénégal). Promesse en partie tenue !
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La jeune Albigeoise de 22 ans, seconde ligne au Stade toulousain, vient d’être sélectionnée parmi les 32 joueuses pour préparer le Tournoi des 6 Nations. Le premier match aura lieu le 11 avril contre l’Italie à Grenoble.
“Je suis très contente même si ce n’est pas vraiment une surprise. J’ai beaucoup travaillé pour en arriver là”, commente la jeune femme.
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Si son père jouait au rugby, Cloé Corréa s’est d’abord tenu éloignée de ce sport. Elle s’essaie à la danse, aux majorettes, au basket. “Mes bonnes copines jouaient au rugby, j’ai essayé. Et de suite j’ai accroché. Je savais que ce serait mon sport jusqu’à la fin”, raconte-t-elle. “Jouer en équipe me plaît énormément. C’est devenu une deuxième famille.”
“Des moyens physiques exceptionnels”
La suite va très vite. La jeune fille est dotée selon ses entraineurs “de moyens physiques exceptionnels”. Quelques mois après ses débuts au SCA, il y a les sélections territoriales, régionales. Puis, au bout de six mois, le pôle espoirs de Jolimont. Un an après, en 2019, Blagnac et le Stade toulousain lui font les yeux doux. Elle choisit Toulouse.
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Mais la suite sera plus compliquée. “J’ai eu du mal, je n’avais pas estimé la hauteur du travail”, avoue-t-elle. “Je me suis reposée sur mon physique. Quand on est mis sur un piédestal très tôt, c’est compliqué de garder les pieds sur terre”, ajoute-t-elle.
Mentalement, c’est compliqué. Elle essuie plusieurs échecs : redescendre en équipe 2, ne pas jouer… Mais, elle se relève toujours. Elle travaille de son côté mais mal et la confiance fait défaut. “J’avais peur de mal faire, je ne jouais pas libérée.”
Elle se rapproche donc d’autres sportifs comme Leslie Djhone, devenu préparateur physique, prend conseil auprès de Claude Rey pour le mental et la nutrition. “J’ai travaillé plus intelligemment. En fait, il faut savoir bien s’entourer. Et quand j’ai réussi à lâcher les chevaux, tout a suivi.”
“Chercher plus haut”
“Titulaire lors de la finale du championnat de France réserves élite en 2022, Cloé a largement contribué au gain du titre”, indique le Stade toulousain sur son site. Ce qui lui permet d’intégrer l’équipe une, avec qui elle sera championne de la Coupe de France en 2024. En 2025, elle est sélectionnée en équipe de France U20 pour le Summer Nations Series, avec qui elle est championne d’Europe. Et enfin cette sélection parmi les 32. “J’ai mis longtemps”, souligne-t-elle.
Pour elle, l’équipe de France n’est pas une fin en soi. “Travailleuse et obstinée”, elle veut toujours “chercher plus haut”. Être la meilleure joueuse française, une référente au niveau international… “Il y a toujours des choses à aller chercher.”, assure-t-elle.
En attendant, Cloé Corréa garde les pieds sur terre et va tout donner pour se faire une place en équipe de France et en club. “Après on verra”.

