Donald Trump à la Maison-Blanche, à Washington, aux Etats-Unis, le 24 mars 2026. JIM WATSON / AFP
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Refus catégorique de Téhéran. La télévision d’Etat iranienne a fait savoir que Téhéran avait refusé le plan de paix évoqué quelques heures plus tôt ce mercredi 25 mars par Donald Trump, presque un mois après le début du conflit.
Un rejet alors que l’Iran a tiré le même jour des salves de missiles et de drones contre ses voisins du Golfe et Israël, et celui-ci continue de bombarder Téhéran et le Liban, malgré la promesse américaine de négociations de paix qui a calmé les marchés.
• Un plan de paix en 15 points
Tôt ce mercredi, plusieurs médias, dont le « New York Times » et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, assuraient que l’administration Trump avait proposé un plan de paix en 15 points à l’Iran par l’entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties. Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu d’un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes.
Toujours selon la chaîne israélienne, parmi les 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien : Washington demande ainsi que l’Iran n’essaie jamais de se doter de l’arme atomique, que Téhéran remette tout le combustible enrichi dont il dispose à une date fixée par les parties, ou que plusieurs installations nucléaires importantes soient démantelées.
L’Iran devra aussi abandonner son soutien à ses « proxys » dans la région, et ne plus financer ou armer des groupes comme le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien. Des limites seront posées sur la quantité de missiles dont le pays pourra disposer, et sur leur rayon d’action.
Par ailleurs, le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des hydrocarbures mondiaux, devra rester ouvert pour la circulation maritime. En contrepartie, l’Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil. Interrogés, la Maison-Blanche et le département d’Etat n’ont pas réagi dans l’immédiat.
• Un plan transmis à l’Iran…
Le plan a été transmis à Téhéran par l’intermédiaire de médiateurs pakistanais, ont déclaré ce mercredi à l’AFP deux hauts responsables à Islamabad. Le Pakistan est présenté comme un possible médiateur, compte tenu de ses liens de longue date à la fois avec l’Iran voisin et avec les Etats-Unis, ainsi que de ses contacts étroits dans la région.
•… mais refusé dans la foulée
Peu après sa transmission à Téhéran, la télévision d’Etat iranienne, citant un responsable non identifié, a affirmé que l’Iran avait refusé le plan de paix. « L’Iran a réagi négativement à la proposition américaine », a indiqué Press TV, chaîne publique en anglais et destinée à un public étranger. « La guerre prendra fin lorsque l’Iran décidera d’y mettre fin, et non lorsque Trump le décidera », a-t-elle ajouté en relayant les propos du responsable iranien sous couvert d’anonymat.
• L’Iran desserre l’étreinte sur Ormuz
En parallèle, la pression sur le détroit d’Ormuz s’est un peu allégée. Alors qu’Emmanuel Macron, lors d’un appel nocturne avec le président iranien Massoud Pezeshkian, a appelé l’Iran à « s’engager de bonne foi dans des négociations », le pays a affirmé que les « navires non hostiles » pouvaient désormais « bénéficier d’un passage sûr par le détroit d’Ormuz en coordination avec les autorités compétentes », selon l’Organisation maritime internationale (OMI).
Le blocage de ce détroit stratégique par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole. Donald Trump a évoqué mardi « un très gros cadeau » lié aux hydrocarbures, sans donner de précisions, qui pourrait justement être lié à cette réouverture partielle du détroit. En réaction à ces informations les cours du pétrole retombent mercredi, et les Bourses d’Asie sont revenues dans le vert. Mais l’Iran, pour l’heure, n’a pas confirmé la moindre négociation.
Mohammad Baqer Qalibaf, président du Parlement iranien – présenté par le site d’informations Axios comme l’interlocuteur des Etats-Unis – a démenti en bloc. La diplomatie iranienne a juste reconnu en début de semaine avoir reçu, via des « pays amis », des « messages transmettant une demande américaine de négociations ».

