Didier Lallemand (UDR/RN) revêtira officiellement l’écharpe de maire de Montauban (Tarn-et-Garonne) dimanche 29 mars à 14 h 30. Dans quel canton, dans quels bureaux le candidat de la majorité sortante a-t-il réalisé ses meilleurs scores ? Où ses deux adversaires, Arnaud Hilion et Thierry Deville, sont-ils arrivés en tête ? Comment s’est comporté l’électorat des listes éliminées au premier tour ?
Didier Lallemand en tête dans les trois cantons et dans 28 bureaux
C’est dans le canton Montauban 1 que le candidat de l’union des droites, soutenu par l’UDR et le RN, a obtenu son meilleur score. Au global, il obtient 41,64 %. Le protégé de Brigitte Barèges est en tête dans 15 bureaux : ce sont les électeurs du bureau 35, à l’école de Birac, qui l’ont le mieux élu, à 47,50 %.
Dans le canton 2, plus marqué à gauche, puisque les conseillers départementaux de Montauban 2 sont le radical José Gonzalez et la socialiste Cathie Bourdoncle, Didier Lallemand ne l’emporte que dans 6 bureaux, obtenant son meilleur score à Fonneuve (45,89 %). Il est à égalité parfaite avec le socialiste Arnaud Hilion au bureau 18 (Fédération des chasseurs) et au 28, un des quatre bureaux installés au gymnase Olympe-de-Gouges.
Égalité parfaite dans deux bureaux
Au total, dans le canton Montauban 2, Didier Lallemand devance Arnaud Hilion de deux petites voix : 2 854 contre 2 852. Les deux candidats n’ont pas pu se départager au bureau 18 (Maison de la chasse et de la nature) où ils ont chacun obtenu 162 suffrages et au 28, un des quatre bureaux de vote installés au gymnase Olympe-de-Gouges où ils sont à 216 partout.
Le canton 3 le plus partagé
Dans le canton 3, Didier Lallemand est aussi arrivé en tête avec 35,29 %, mais il ne remporte que 7 bureaux… Arnaud Hilion (34,19 %) en a conquis autant que lui et avec des écarts plus élevés. Le socialiste obtient ainsi son meilleur score (46,11 %) au bureau 24 de l’école Georges-Lapierre. Il fait à peine moins bien au bureau 23 (45,95 %) et au 25 (42,78 %) emménagés dans cette même école du quartier des Chaumes.
Thierry Deville en tête au Fau et au Carreyrat
Sur les 49 bureaux urbains de Montauban, Thierry Deville n’en remporte que deux, situés dans le canton 3, celui dont son colistier Bernard Pécou est le conseiller départemental avec Clarisse Heulland : la salle des fêtes du Fau où il dépasse les 37 % et à l’école du Carreyrat (35,58 %). Le tête de liste de “Nouveau Montauban prêts pour demain”, qui avait fusionné avec Jean-Philippe Labarre, réalise aussi de très bons scores à Saint-Martial (36 %) et à la salle des fêtes du Carreyrat où il talonne Didier Lallemand de deux voix. Si l’on regarde le global de ce canton 3, on constate que c’est celui qui a donné lieu au match le plus serré de cette triangulaire. Là aussi, le nouveau maire garde l’avantage (35,29 %), mais Arnaud Hilion n’est qu’à un point et Thierry Deville dépasse les 30 %. Pour les “bizuths” de Nouveau Montauban, c’est un encouragement pour de prochaines échéances.
Un gros gain de voix pour Arnaud Hilion mais ça n’a pas suffi
À l’issue du 1er tour, Arnaud Hilion accusait un retard de 1 814 voix sur Didier Lallemand. Il a réussi à en combler un millier puisqu’il échoue de 828 voix. Au second tour, le candidat de “Vivre Montauban” a gonflé son score de plus de 3 000 voix, exactement 3 189. Moins que les abstentionnistes du 1er tour, ce sont les électeurs de Samir Chikhi et de Jean-Lou Lévi qui ont déposé des bulletins “Hilion” dans l’urne. On peut estimer que 80 % des quelque 2 000 voix obtenues au 1er tour par le candidat de “Montauban de gauche écologiste et citoyenne” se sont portées sur le socialiste. S’agissant de l’électorat de “Montauban autrement”, de centre droit, il s’est partagé entre le vote Lallemand et le vote Hilion. Thierry Deville espérait récupérer une partie des voix de Jean-Lou Lévi, mais ça n’a pas été le cas. La raison principale tient aux bisbilles au sein de la famille LR.
Les deux points de participation en plus n’ont rien changé
Parfois, un second tour bascule grâce aux abstentionnistes du 1er tour qui décident de “voler au secours de la victoire”. Ce phénomène, bien connu des analystes politiques, aurait dû bénéficier à Didier Lallemand, candidat de la majorité sortante. Celle-ci était la plus en capacité, avec ses réseaux, de convaincre des électeurs aux abonnés absents le 15 mars de venir faire leur devoir civique ce dimanche 22 mars. Cette fois, avec deux points de plus de participation, soit 895 votants supplémentaires, il n’y avait pas de quoi modifier les équilibres. Didier Lallemand doit certainement son gain de 2 203 voix plus aux électeurs de Jean-Lou Lévi qu’aux abstentionnistes. Le frère de l’avocat espère sans doute en retour obtenir quelques voix de grands électeurs de la Barégie pour conserver son fauteuil de sénateur au mois de septembre. À chacun son calcul.

