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Le Nouvel Obs avec AFP
Kristi Noem à Washington DC le 4 mars 2026. BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
Donald Trump a annoncé ce jeudi 5 mars sur son réseau Truth Social le renvoi de la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem, l’une des pilotes de la politique d’expulsions d’immigrés du gouvernement américain.
La ministre, qui se voit confier une mission « d’émissaire spéciale » pour l’Amérique latine, sera remplacée à compter du 31 mars par le sénateur républicain Markwayne Mullin, a précisé le président américain.
Selon la presse, Donald Trump aurait pris sa décision après des auditions parlementaires de Kristi Noem, lors desquelles elle a été mise en difficulté sur l’attribution d’un important contrat public.
Incarnation de la ligne dure sur l’immigration
Posant sans complexe devant des détenus entassés dans une tristement célèbre mégaprison salvadorienne, Kristi Noem incarnait jusqu’à la caricature l’inflexibilité de l’administration Trump face à l’immigration clandestine.
Mais les méthodes musclées de la ministre de la Sécurité intérieure et son goût immodéré de la publicité ont précipité la disgrâce de l’ancienne gouverneure du Dakota du Sud (nord), âgée de 54 ans, dont le président Donald Trump a annoncé le remplacement par le sénateur Markwayne Mullin.
A la suite du décès de Renee Good, une élue démocrate à la Chambre des représentants a déposé une motion en destitution de la ministre, qui avait recueilli 120 coparrainages de ses collègues, soit plus de la moitié des démocrates à la Chambre.
En novembre, sommée par un juge fédéral de s’expliquer sur sa décision de passer outre son ordre de suspendre des expulsions vers le Salvador en vertu d’une loi d’exception de 1798 sur les « ennemis étrangers », l’administration Trump a reconnu que cette décision avait été prise par Kristi Noem elle-même.
La ministre s’était même rendue en mars 2025 dans cette mégaprison, le Cecot, peu après ces expulsions, posant pour les caméras lors de sa visite. « Le président Trump et moi-même avons un message clair pour les immigrés illégaux criminels : PARTEZ MAINTENANT. Si vous ne partez pas, nous vous traquerons, nous vous arrêterons et vous pourriez échouer dans cette prison salvadorienne », avait-elle écrit dans une publication sur ses réseaux sociaux accompagnée de photos de l’établissement pénitentiaire.

