{"id":124501,"date":"2026-03-13T16:25:17","date_gmt":"2026-03-13T16:25:17","guid":{"rendered":"https:\/\/pressactu.com\/?p=124501"},"modified":"2026-03-13T16:25:17","modified_gmt":"2026-03-13T16:25:17","slug":"le-travail-cetait-un-cauchemar-au-proces-de-lex-syndicaliste-de-la-bnp-paribas-accuse-de-harcelement-moral-deux-femmes-brisees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pressactu.com\/?p=124501","title":{"rendered":"&quot;Le travail, c\u2019\u00e9tait un cauchemar&quot;\u00a0: au proc\u00e8s de l\u2019ex-syndicaliste de la BNP Paribas accus\u00e9 de harc\u00e8lement moral, deux femmes bris\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                                    <span class=\"article-full__chapo-label hide-on-small-only\">l&#8217;essentiel<\/span><br \/>\n                                                                Accus\u00e9 d\u2019avoir humili\u00e9 et d\u00e9nigr\u00e9 deux coll\u00e8gues pendant des mois, un ex-responsable syndical de la BNP Paribas Occitanie a comparu jeudi 12\u00a0mars devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Les plaignantes d\u00e9crivent un environnement de travail devenu invivable.<\/p>\n<div rel=\"js-article-content\" data-state=\"fixed-height\" data-selection=\"disabled\">\n                                                                                                                                                            <!-- Pub DFP Position [outstream] --><\/p>\n<p>Dans la salle d\u2019audience du tribunal correctionnel de Toulouse, deux femmes se tiennent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te sur le banc des parties civiles. Ludivine, 42 ans, crini\u00e8re blonde soigneusement coiff\u00e9e, garde les mains serr\u00e9es autour d\u2019un paquet de mouchoirs pos\u00e9 sur ses genoux. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle, Sandrine, 53 ans, chemisier bleu \u00e0 fines rayures, les jambes crois\u00e9es, ferme parfois les yeux comme pour contenir l\u2019\u00e9motion.\u00a0Face \u00e0 elles, \u00e0 la barre, l\u2019homme qui leur a fait vivre un enfer au travail.<\/p>\n<p><!-- Pub DFP Position [article] --><\/p>\n<p>Gilles C., 56 ans. Blazer sombre, visage rubicond, \u00e9paules larges. L\u2019ancien responsable syndical SNB\/CFE-CGC de la BNP Paribas Occitanie compara\u00eet ce jeudi pour harc\u00e8lement moral. Selon l\u2019accusation, il aurait impos\u00e9 pendant plusieurs ann\u00e9es un climat de pression et d\u2019humiliation au sein du comit\u00e9 social et \u00e9conomique de l\u2019entreprise, entre f\u00e9vrier\u00a02022 et d\u00e9cembre\u00a02023. &#8220;Je ne comprends pas pourquoi je suis l\u00e0&#8221;, lance d\u2019embl\u00e9e le pr\u00e9venu.<\/p>\n<p class=\"std-elt__inline\">\n        <strong>\u00c0 lire aussi :<\/strong><br \/>\n        <a href=\"\/2026\/03\/10\/il-pretendait-etre-au-dessus-des-lois-un-ex-syndicaliste-de-la-bnp-paribas-juge-pour-avoir-fait-vivre-un-enfer-a-ses-collegues-13261508.php\">Il pr\u00e9tendait \u00eatre &#8220;au-dessus des lois&#8221;\u00a0: un ex-syndicaliste de la BNP Paribas jug\u00e9 pour avoir fait vivre un enfer \u00e0 ses coll\u00e8gues<\/a>\n    <\/p>\n<p>Les deux femmes \u00e9taient secr\u00e9taire et secr\u00e9taire adjointe du CSE. Plusieurs coll\u00e8gues ont \u00e9t\u00e9 entendus par les gendarmes au cours de l\u2019enqu\u00eate. L\u2019un d\u2019eux \u00e9voque &#8220;un homme gras, sexiste, qui ne supporte pas la contradiction&#8221;. Un autre raconte qu\u2019il se pr\u00e9sentait volontiers comme &#8220;au-dessus des lois et des autres&#8221;.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident s\u2019attarde sur la d\u00e9gradation de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des deux salari\u00e9es. &#8220;Les t\u00e9moignages le d\u00e9crivent. Vous \u00eates certain que ce n\u2019est pas le r\u00e9sultat de ce que vous avez pu leur dire\u00a0?&#8221;, l\u2019interroge-t-il.\u00a0&#8220;Ces t\u00e9moignages sont faux. C\u2019est une cabale par jalousie&#8221;, r\u00e9torque Gilles C.<\/p>\n<h2 class=\"txt-int\">Un groupe WhatsApp<\/h2>\n<p>L\u2019enqu\u00eate s\u2019est notamment pench\u00e9e sur un groupe WhatsApp m\u00ealant conversations professionnelles et \u00e9changes priv\u00e9s. Dans plusieurs messages vocaux, l\u2019ancien syndicaliste laisse \u00e9clater un langage d\u2019une grande vulgarit\u00e9. &#8220;Une pute, une pute, une pute&#8221;, r\u00e9p\u00e8te-t-il \u00e0 propos d\u2019une coll\u00e8gue. \u00c0 l\u2019audience, il reconna\u00eet ces propos. &#8220;Je n\u2019en suis pas fier du tout. Mais au travail je ne parle pas comme \u00e7a.&#8221;<\/p>\n<p class=\"std-elt__inline\">\n        <strong>\u00c0 lire aussi :<\/strong><br \/>\n        <a href=\"\/2026\/03\/06\/harcelement-sexuel-detresse-et-mal-etre-les-salaries-de-la-coordination-rurale-tirent-la-sonnette-dalarme-13258436.php\">&#8220;Harc\u00e8lement sexuel&#8221;, &#8220;d\u00e9tresse&#8221; et &#8220;mal-\u00eatre&#8221;\u00a0: les salari\u00e9s de la Coordination Rurale tirent la sonnette d\u2019alarme<\/a>\n    <\/p>\n<p>Les expertises m\u00e9dicales d\u00e9crivent chez les deux victimes une symptomatologie d\u00e9pressive. Antid\u00e9presseurs et anxiolytiques pour dormir rythment d\u00e9sormais leur quotidien. &#8220;Moi aussi je suis sous traitement. Je suis en d\u00e9pression profonde. Cette affaire m\u2019a affect\u00e9&#8221;, se d\u00e9fend le pr\u00e9venu.<\/p>\n<p>Une plainte pour harc\u00e8lement sexuel, distincte de l\u2019affaire jug\u00e9e jeudi, reste par ailleurs en cours. Elle concerne une soir\u00e9e organis\u00e9e en avril\u00a02023 dans un bar toulousain, le Puerto Habana. Selon la plaignante, Gilles C. se serait coll\u00e9 \u00e0 elle avant de lui lancer le lendemain\u00a0: &#8220;Si on \u00e9tait seuls, je te violerais.&#8221;<\/p>\n<p>\u00c0 la barre, Ludivine craque. Les sanglots coupent sa voix. &#8220;On aimerait ne pas \u00eatre l\u00e0. Au d\u00e9but, on passait de tr\u00e8s bons moments dans l\u2019entreprise. Mais quand on a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019opposer \u00e0 ses comportements, il est devenu agressif, nerveux. Il r\u00e9p\u00e9tait que nous ne valions rien.&#8221;<\/p>\n<p>Sandrine tente de ne pas se faire submerger pas l\u2019\u00e9motion\u00a0: &#8220;C\u2019\u00e9tait mon mentor. Au d\u00e9but, j\u2019ai subi son caract\u00e8re pour m\u2019int\u00e9grer.&#8221;<\/p>\n<h2 class=\"txt-int\">&#8220;O\u00f9 est la v\u00e9rit\u00e9\u00a0?&#8221;<\/h2>\n<p>Le dossier \u00e9voque aussi une \u00e9trange campagne de lettres anonymes apparues au printemps 2024, visant les deux femmes\u00a0et mettant en cause leur vie priv\u00e9e. L\u2019origine de ces courriers reste floue.<\/p>\n<p>Entre-temps, le syndicat a exclu Gilles C. et BNP Paribas l\u2019a licenci\u00e9 pour inaptitude apr\u00e8s une proc\u00e9dure disciplinaire interrompue, l\u2019ancien syndicaliste affirme \u00eatre aujourd\u2019hui sans emploi.<\/p>\n<p>Pour les parties civiles, Me Myriam Guedj Benayoun d\u00e9crit un climat d\u2019emprise au sein de la section syndicale. &#8220;Le chef de famille, c\u2019\u00e9tait Gilles. Il entra\u00eenait les autres derri\u00e8re lui. Quand mes clientes ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019opposer, il s\u2019est retrouv\u00e9 face \u00e0 un mouvement de r\u00e9volte&#8221;, affirme l\u2019avocate.<\/p>\n<p class=\"std-elt__inline\">\n        <strong>\u00c0 lire aussi :<\/strong><br \/>\n        <a href=\"\/2026\/03\/05\/je-ne-suis-pas-la-pour-juger-la-qualite-du-management-le-proces-dun-ancien-chef-de-service-de-la-police-scientifique-de-toulouse-pour-harcelement-fait-13254514.php\">&#8220;Je ne suis pas l\u00e0 pour juger la qualit\u00e9 du management\u00a0!&#8221; Le proc\u00e8s d\u2019un ancien chef de service de la police scientifique de Toulouse pour harc\u00e8lement fait &#8220;pschitt&#8221;<\/a>\n    <\/p>\n<p>Sa collaboratrice, Me Tabata Quentin, rappelle que &#8220;le harc\u00e8lement est souvent sournois, tr\u00e8s souvent \u00e0 l\u2019oral et difficile \u00e0 prouver&#8221;, mais estime que dans ce dossier &#8220;les SMS, les messages WhatsApp et les t\u00e9moignages corroborent la version des deux victimes&#8221;.<\/p>\n<p>Le procureur a pour sa part rappel\u00e9 que &#8220;la sph\u00e8re du travail ne justifie pas qu\u2019un salari\u00e9 use de son ascendant pour miner ses coll\u00e8gues&#8221;. Il a requis une peine de 100 jours-amende \u00e0 20\u00a0euros.<\/p>\n<p>La d\u00e9fense conteste cette lecture. Me \u00c9lise Reix-Tap \u00e9voque &#8220;une enqu\u00eate men\u00e9e \u00e0 charge&#8221; et estime que &#8220;l\u2019ambiance d\u00e9crite dans le dossier ne correspond pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9&#8221;. De son c\u00f4t\u00e9, Me Nicolas Nassier parle d\u2019un &#8220;dossier difficile \u00e0 appr\u00e9hender&#8221; et s\u2019interroge\u00a0: &#8220;O\u00f9 est la v\u00e9rit\u00e9\u00a0?&#8221;<\/p>\n<p data-is-last-node=\"\" data-is-only-node=\"\">Le tribunal rendra sa d\u00e9cision le 2\u00a0avril. \u00c0 la sortie de l\u2019audience, Ludivine r\u00e9sume ces ann\u00e9es de tensions\u00a0: &#8220;Le travail \u00e9tait devenu un cauchemar.&#8221;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ladepeche.fr\/2026\/03\/13\/le-travail-cetait-un-cauchemar-au-proces-de-lex-syndicaliste-de-la-bnp-paribas-accuse-de-harcelement-moral-deux-femmes-brisees-13270117.php\">source<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>l&#8217;essentiel Accus\u00e9 d\u2019avoir humili\u00e9 et d\u00e9nigr\u00e9 deux coll\u00e8gues pendant des mois, un ex-responsable syndical de la BNP Paribas Occitanie a comparu jeudi 12\u00a0mars devant le tribunal correctionnel de Toulouse. 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