{"id":110332,"date":"2025-11-14T21:30:49","date_gmt":"2025-11-14T21:30:49","guid":{"rendered":"https:\/\/pressactu.com\/?p=110332"},"modified":"2025-11-14T21:30:49","modified_gmt":"2025-11-14T21:30:49","slug":"je-ne-veux-pas-utiliser-de-produits-degueus-face-au-recul-de-lagriculture-bio-ils-tiennent-bon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pressactu.com\/?p=110332","title":{"rendered":"&quot;Je ne veux pas utiliser de produits d\u00e9gueus&quot;\u00a0: face au recul de l\u2019agriculture bio, ils tiennent bon"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                                    <span class=\"article-full__chapo-label hide-on-small-only\">l&#8217;essentiel<\/span><br \/>\n                                                                L\u2019agriculture biologique conna\u00eet des d\u00e9fis, mais aussi des succ\u00e8s. Dans le Lot, le nombre de fermes bio augmente, malgr\u00e9 un solde national n\u00e9gatif. Jason D\u2019Haese et sa compagne illustrent cette r\u00e9sistance. Leur engagement pour le bio reste in\u00e9branlable.\n                            <\/p>\n<div rel=\"js-article-content\" data-state=\"fixed-height\" data-selection=\"disabled\">\n                                                                                                                            <!-- Pub DFP Position [outstream] --><\/p>\n<p>Dans le pr\u00e9, une vache d\u2019Aubrac vient de donner naissance \u00e0 un adorable petit veau. &#8220;Elle a mis bas dans la nuit car je suis pass\u00e9 la voir hier soir et il n\u2019\u00e9tait pas encore l\u00e0&#8221;, sourit Jason D\u2019Haese de la ferme du Bousquet, \u00e0 Caniac-du-Causse. Ce dernier poss\u00e8de une trentaine de bovins, et son exploitation est labellis\u00e9e en bio. &#8220;C\u2019est une \u00e9vidence&#8221;, pose ce dernier.<\/p>\n<p><!-- Pub DFP Position [article] --><\/p>\n<div class=\"center-align\" rel=\"js-article-inline-img\" data-protec-aida=\"image\">\n<figure class=\"std-img\" data-src=\"https:\/\/images.ladepeche.fr\/api\/v1\/images\/view\/6916001e9f54e10832017e13\/original\/image.jpg?v=1\">\n        <img decoding=\"async\" class=\"std-img__img responsive-img\" src=\"http:\/\/pressactu.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1763155848_146_image.jpg?v=1\" alt=\"Jason et Nanou sont install\u00e9s en Gaec \u00e0 Caniac-du-Causse.\"\/><figcaption class=\"article-full__media-infos\">\n                <span class=\"article-full__media-legend\">Jason et Nanou sont install\u00e9s en Gaec \u00e0 Caniac-du-Causse.<\/span><br \/>\n                                    <span class=\"article-full__media-author\">DDM Ma\u00eblle Ternisien<\/span><br \/>\n                            <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>R\u00e9cemment, l\u2019Agence Bio a annonc\u00e9 avoir enregistr\u00e9, entre janvier et ao\u00fbt\u00a02025, davantage de d\u00e9parts d\u2019agriculteurs que de nouvelles installations. Sur cette p\u00e9riode, la France a perdu en net 165 exploitations biologiques, affichant pour la premi\u00e8re fois un solde n\u00e9gatif dans le secteur. Pourtant, dans le Lot, le nombre de fermes bios est en progression. En 2024, il y en avait 750. En 2025, on en compte 770 selon Bio 46. Les \u00e9tablissements bios repr\u00e9sentent 18,6\u00a0% des fermes du Lot, contre 14,9\u00a0% au niveau national. La preuve \u00e0 l\u2019image, avec Jason qui r\u00e9siste.<\/p>\n<h2 class=\"txt-int\">&#8220;On s\u2019est dit que c\u2019\u00e9tait possible&#8221;<\/h2>\n<p>&#8220;Depuis tout petit, j\u2019ai su que je voulais devenir paysan. J\u2019ai mis du temps car c\u2019est difficile quand on n\u2019a pas une ferme familiale&#8221;. Alors, en 2010, quand un voisin lui propose de louer sa ferme, son cheptel de brebis et ses hectares, le paysan quitte son travail et saute sur l\u2019occasion. &#8220;Je me suis toujours dit que si en quelques mois je ne gagnais pas suffisamment, j\u2019arr\u00eatais&#8221;. Au d\u00e9part, il s\u2019installe en conventionnel. C\u2019est en 2015 qu\u2019il op\u00e8re le changement. &#8220;J\u2019ai eu des aides \u00e0 la conversion. Pendant un temps, je produisais selon le cahier des charges bio mais je vendais en conventionnel. Apr\u00e8s quelques ann\u00e9es, l\u2019exploitation est pass\u00e9e bio. Ensuite, j\u2019ai eu des aides au maintien (qui ont depuis disparu NDLR)&#8221;, d\u00e9taille l\u2019\u00e9leveur. Il finit par se s\u00e9parer des brebis pour acheter des vaches. Une partie des animaux est envoy\u00e9e \u00e0 l\u2019abattoir de Villefranche-de-Rouergue puis d\u00e9coup\u00e9e chez un boucher professionnel (le tout en bio \u2013 ce qui co\u00fbte un peu plus cher). Ensuite, les morceaux reviennent \u00e0 Jason en colis qui les distribue \u00e0 des particuliers.<\/p>\n<div class=\"center-align\" rel=\"js-article-inline-img\" data-protec-aida=\"image\">\n<figure class=\"std-img\" data-src=\"https:\/\/images.ladepeche.fr\/api\/v1\/images\/view\/6916001f3cbe11ab440ec0f3\/original\/image.jpg?v=1\">\n        <img decoding=\"async\" class=\"std-img__img responsive-img\" src=\"http:\/\/pressactu.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1763155848_90_image.jpg?v=1\" alt=\"Nanou fait du pain dans le four traditionnel de la ferme.\"\/><figcaption class=\"article-full__media-infos\">\n                <span class=\"article-full__media-legend\">Nanou fait du pain dans le four traditionnel de la ferme.<\/span><br \/>\n                                    <span class=\"article-full__media-author\">DDM Ma\u00eblle Ternisien<\/span><br \/>\n                            <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>Cinq ans plus tard, c\u2019est sa compagne, Nanou, qui s\u2019installe. Ensemble, ils forment un Gaec. &#8220;Je faisais du pain pour nous. Nous avons une voisine qui s\u2019est install\u00e9e en tant que paysanne boulang\u00e8re. On s\u2019est dit que c\u2019\u00e9tait possible, que je pouvais en faire un m\u00e9tier&#8221;, sourit-elle. Ni une, ni deux, elle r\u00e9quisitionne le four \u00e0 pain de la ferme, install\u00e9 l\u00e0 depuis plus de 100 ans. Nanou vend ses diff\u00e9rents pains au march\u00e9 de Saint-Cernin le mardi, et fait de la vente \u00e0 domicile le vendredi. Et le couple ne renoncerait au bio pour rien au monde. &#8220;Je ne me vois pas utiliser des produits d\u00e9gueus pour le sol, pour donner \u00e0 manger \u00e0 nos animaux et qui vont finir par se retrouver dans nos assiettes. Petits, nos enfants jouaient dans le bl\u00e9 et on ne craignait pas qu\u2019ils en mettent \u00e0 la bouche&#8221;, se souvient Jason.<\/p>\n<h2 class=\"txt-int\">&#8220;On fait l\u2019effort de ne pas polluer&#8221;<\/h2>\n<p>Pourtant, comme l\u2019agriculture en g\u00e9n\u00e9ral, quelques craintes p\u00e8sent. &#8220;L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 touch\u00e9 par la MHE (Maladie h\u00e9morragique \u00e9pizootique) et la fi\u00e8vre catarrhale. Il y a eu quelques avortements, ce qui fait que j\u2019ai perdu des veaux. Et pour se faire indemniser, c\u2019\u00e9tait le bordel. D\u00e8s la premi\u00e8re fois, il aurait fallu se douter que c\u2019\u00e9tait \u00e7a pour faire une prise de sang. Je ne l\u2019ai pas fait, et j\u2019ai fini par abandonner l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00eatre indemnis\u00e9&#8221;, regrette le paysan. Et <a href=\"https:\/\/www.ladepeche.fr\/2025\/10\/23\/dermatose-nodulaire-contagieuse-sil-faut-abattre-mes-vaches-jarrete-les-eleveurs-redoutent-larrivee-de-la-maladie-13008074.php\" target=\"_blank\">la menace de la DNC (Dermatose nodulaire contagieuse) qui r\u00f4de autour des \u00e9levages<\/a> n\u2019arrange rien. &#8220;On n\u2019est pas trop touch\u00e9s dans le Sud, on esp\u00e8re que cela va durer&#8221;, glisse-t-il. Il poursuit\u00a0: &#8220;Devoir abattre tout son troupeau si on a une vache malade, je n\u2019ose m\u00eame pas imaginer.&#8221;<\/p>\n<div class=\"center-align\" rel=\"js-article-inline-img\" data-protec-aida=\"image\">\n<figure class=\"std-img\" data-src=\"https:\/\/images.ladepeche.fr\/api\/v1\/images\/view\/6916002851e705576c062660\/original\/image.jpg?v=1\">\n        <img decoding=\"async\" class=\"std-img__img responsive-img\" src=\"http:\/\/pressactu.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1763155849_21_image.jpg?v=1\" alt=\"Un petit veau est n\u00e9 ce matin.\"\/><figcaption class=\"article-full__media-infos\">\n                <span class=\"article-full__media-legend\">Un petit veau est n\u00e9 ce matin.<\/span><br \/>\n                                    <span class=\"article-full__media-author\">DDM Ma\u00eblle Ternisien<\/span><br \/>\n                            <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>Un autre \u00e9l\u00e9ment, cette fois financier\u00a0: le cr\u00e9dit d\u2019imp\u00f4t. C\u2019est une aide d\u00e9di\u00e9e aux d\u00e9penses de certification en agriculture biologique qui ne figurait\u00a0nulle part dans le nouveau projet de budget. Or, cela repr\u00e9sente 4\u00a0500\u00a0euros par personne. Soit 9\u00a0000\u00a0euros pour le couple D\u2019Haese. &#8220;M\u00eame si on fait ce m\u00e9tier par passion, il faut en vivre. Sinon, on cr\u00e8ve. Si cette aide dispara\u00eet, c\u2019est presque un de nos salaires en moins. On n\u2019en mourrait pas, mais \u00e7a serait difficile. \u00c7a r\u00e9duirait nos possibilit\u00e9s d\u2019investissements et de modernisation&#8221;, regrette Jason. Ce serait &#8220;une claque&#8221; pour Nanou. Cela ne risque pas d\u2019arriver de sit\u00f4t. L\u2019Assembl\u00e9e nationale vient, ce vendredi, de voter la prolongation du cr\u00e9dit d\u2019imp\u00f4t jusqu\u2019en 2028 ainsi qu\u2019une augmentation de l\u2019enveloppe passant de 4\u00a0500 \u00e0 6\u00a0000\u00a0euros. Le S\u00e9nat doit encore approuver cette d\u00e9cision.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cela, le couple tient \u00e0 ce que les gens puissent s\u2019offrir du bio. &#8220;En supermarch\u00e9, un kilo de courgettes bio c\u2019est le double des autres. On ne veut pas de \u00e7a. On veut garder nos produits \u00e0 des prix raisonnables pour que tout le monde puisse en manger.&#8221; D\u2019autant que la consommation bio reprend au niveau national.<\/p>\n<div class=\"center-align\" rel=\"js-article-inline-img\" data-protec-aida=\"image\">\n<figure class=\"std-img\" data-src=\"https:\/\/images.ladepeche.fr\/api\/v1\/images\/view\/691600e56b46cd1af707ddbd\/original\/image.jpg?v=1\">\n        <img decoding=\"async\" class=\"std-img__img responsive-img\" src=\"http:\/\/pressactu.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1763155849_833_image.jpg?v=1\" alt=\"Ce petit veau est n\u00e9 le matin m\u00eame du reportage.\"\/><figcaption class=\"article-full__media-infos\">\n                <span class=\"article-full__media-legend\">Ce petit veau est n\u00e9 le matin m\u00eame du reportage.<\/span><br \/>\n                                    <span class=\"article-full__media-author\">DDM Ma\u00eblle Ternisien<\/span><br \/>\n                            <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>Pour conclure, Jason D\u2019Haese aimerait &#8220;\u00eatre plus reconnu et \u00e9cout\u00e9 en tant qu\u2019agriculteur bio&#8221;. Il s\u2019explique\u00a0: &#8220;On fait l\u2019effort de ne pas polluer. Par exemple, on ne salit pas l\u2019eau alors que cela co\u00fbte extr\u00eamement cher de la d\u00e9polluer. On parle beaucoup de l\u2019effort \u00e9cologique, et on aimerait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 pour&#8221;. L\u2019agriculteur souhaite passer un message d\u2019espoir face \u00e0 ces montagnes de difficult\u00e9\u00a0: &#8220;On est en bio, et on en vit&#8221;.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ladepeche.fr\/2025\/11\/14\/je-ne-veux-pas-utiliser-de-produits-degueus-face-au-recul-de-lagriculture-bio-ils-tiennent-bon-13050021.php\">source<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>l&#8217;essentiel L\u2019agriculture biologique conna\u00eet des d\u00e9fis, mais aussi des succ\u00e8s. Dans le Lot, le nombre de fermes bio augmente, malgr\u00e9 un solde national n\u00e9gatif. Jason D\u2019Haese et sa compagne illustrent cette r\u00e9sistance. 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