{"id":106374,"date":"2025-10-12T01:04:22","date_gmt":"2025-10-12T01:04:22","guid":{"rendered":"https:\/\/pressactu.com\/?p=106374"},"modified":"2025-10-12T01:04:22","modified_gmt":"2025-10-12T01:04:22","slug":"saint-sardos-une-cave-cooperative-a-bout-de-souffle-mais-toujours-en-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pressactu.com\/?p=106374","title":{"rendered":"Saint-Sardos\u00a0: une cave coop\u00e9rative \u00e0 bout de souffle, mais toujours en vie"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                                    <span class=\"article-full__chapo-label hide-on-small-only\">l&#8217;essentiel<\/span><br \/>\n                                                                \u00c0 Saint-Sardos, dans le Tarn-et-Garonne, la cave coop\u00e9rative centenaire vacille sous le poids des dettes. Entre d\u00e9sillusions et fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 une terre qu\u2019il refuse d\u2019abandonner, son pr\u00e9sident, Romain Miramont, tente de sauver ce qu\u2019il reste d\u2019un vignoble \u00e0 bout de souffle, mais pas encore r\u00e9sign\u00e9.\n                            <\/p>\n<div rel=\"js-article-content\" data-state=\"fixed-height\" data-selection=\"disabled\">\n                                                                                                                            <!-- Pub DFP Position [outstream] --><\/p>\n<p>\u00c0 Saint-Sardos, petit village du Tarn-et-Garonne entour\u00e9 de vignes roussies par l\u2019automne, la cave coop\u00e9rative vit ses heures les plus sombres. Depuis mars\u00a02023, son pr\u00e9sident, Romain Miramont, pas encore 50 ans, tente d\u2019\u00e9viter le naufrage. &#8220;Depuis les ann\u00e9es 2010, maintenir un chiffre d\u2019affaires et une client\u00e8le est tr\u00e8s compliqu\u00e9&#8221;, confie-t-il d\u2019une voix calme, presque r\u00e9sign\u00e9e. Une lente descente que rien ne semble pouvoir enrayer.<\/p>\n<p><!-- Pub DFP Position [article] --><\/p>\n<p>Les ennuis ont commenc\u00e9 il y a plus de dix ans, apr\u00e8s l\u2019\u00e9quivalent d\u2019un mill\u00e9sime perdu suite \u00e0 un probl\u00e8me \u0153nologique. &#8220;Quand on perd un client, il est tr\u00e8s difficile de le reconqu\u00e9rir, m\u00eame si on fait de gros efforts l\u2019ann\u00e9e suivante&#8221;, regrette-t-il. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, la grande distribution absorbait la moiti\u00e9 de la production, le reste s\u2019\u00e9coulait au caveau ou chez les cavistes. Mais en 2023, tout s\u2019effondre\u00a0: rupture de contrat avec l\u2019agent ind\u00e9pendant qui portait ce march\u00e9, hausse vertigineuse des co\u00fbts de l\u2019\u00e9nergie, consommation de vin en berne. R\u00e9sultat\u00a0: un d\u00e9ficit de 620\u00a0000\u00a0euros et une cave plac\u00e9e en redressement judiciaire.<\/p>\n<div class=\"center-align\" rel=\"js-article-inline-img\" data-protec-aida=\"image\">\n<figure class=\"std-img\" data-src=\"https:\/\/images.ladepeche.fr\/api\/v1\/images\/view\/68ea1448d69deec99e04d9c3\/original\/image.jpg?v=1\">\n        <img decoding=\"async\" class=\"std-img__img responsive-img\" src=\"http:\/\/pressactu.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/1760231062_142_image.jpg?v=1\" alt=\"Romain Miramont, pr\u00e9sident de la Cave de Saint-Sardos se bat pour \u00e9viter une liquidation judiciaire \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e.\"\/><figcaption class=\"article-full__media-infos\">\n                <span class=\"article-full__media-legend\">Romain Miramont, pr\u00e9sident de la Cave de Saint-Sardos se bat pour \u00e9viter une liquidation judiciaire \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e.<\/span><br \/>\n                                    <span class=\"article-full__media-author\">DDM &#8211; MANUEL MASSIP<\/span><br \/>\n                            <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>&#8220;On savait que la situation \u00e9tait critique, mais pas \u00e0 ce point.&#8221; Depuis, tous les six mois, Romain Miramont se rend au tribunal de commerce de Montauban. &#8220;Les juges sont bienveillants, ils cherchent \u00e0 nous aider.&#8221; L\u2019espoir, d\u00e9sormais, tient \u00e0 un fil\u00a0: une baisse de cr\u00e9ance que l\u2019administrateur judiciaire doit proposer aux cr\u00e9anciers. Si l\u2019\u00c9tat et les banques ne bougeront pas, les viticulteurs et les fournisseurs devront d\u00e9cider. &#8220;Avec cette baisse, on pourrait ramener la dette autour de 380\u00a0000\u00a0euros, \u00e0 rembourser sur quinze ans.&#8221;<\/p>\n<p>Mais dans le vignoble, l\u2019atmosph\u00e8re est lourde. L\u2019an dernier, la prime \u00e0 l\u2019arrachage a convaincu plusieurs voisins de tout arr\u00eater. &#8220;En 2023, nous avions encore une centaine d\u2019hectares et vingt-cinq viticulteurs. Deux ans plus tard, nous ne sommes plus que huit \u00e0 exploiter quarante-huit hectares.&#8221; La voix se brise\u00a0: &#8220;Je comprends ceux qui sont partis. Le ma\u00efs, l\u2019ail ou la noisette rapportent davantage aujourd\u2019hui qu\u2019une vigne qui ne paye plus les salaires.&#8221;<\/p>\n<h2 class=\"txt-int\">Le poids de l\u2019h\u00e9ritage et la fiert\u00e9 du dernier combat<\/h2>\n<p>Lui s\u2019accroche, par fid\u00e9lit\u00e9. \u00c0 son p\u00e8re, viticulteur avant lui, \u00e0 ceux &#8220;qui ont b\u00e2ti la cave dans une \u00e9poque pleine d\u2019optimisme et de joie de vivre&#8221;. Mais le poids de l\u2019h\u00e9ritage p\u00e8se. &#8220;Parfois, je me demande si ce n\u2019est pas trop lourd \u00e0 porter.&#8221; Il sourit pourtant, presque pour s\u2019excuser\u00a0: &#8220;On reste passionn\u00e9s. Tant qu\u2019on aura du vin \u00e0 partager, il y aura un peu de vie ici.&#8221; Sur les neuf salari\u00e9s, deux ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9s. Les autres s\u2019accrochent, entre espoir et lassitude. &#8220;L\u2019id\u00e9e d\u2019un rachat existe, peut-\u00eatre par une autre cave d\u2019un autre d\u00e9partement, mais je ne veux pas me bercer d\u2019illusions.&#8221;<\/p>\n<p>Et pourtant, \u00e0 la boutique, la vie continue. Les touristes s\u2019y arr\u00eatent, attir\u00e9s par les \u00e9tiquettes color\u00e9es, les habitants du coin viennent encore &#8220;boire un coup, parler du temps et de la vigne&#8221;. Romain Miramont regarde les bouteilles align\u00e9es, les yeux pleins de fiert\u00e9\u00a0: &#8220;Liquidation ou pas, on terminera l\u2019ann\u00e9e dans la joie. Il faudra nous suivre sur les r\u00e9seaux sociaux de la Cave car on compte bien organiser des \u00e9v\u00e8nements. Le Saint-Sardos reste unique\u00a0: c\u2019est le seul vignoble de France \u00e0 associer la Syrah et le Tannat. La finesse \u00e9pic\u00e9e de l\u2019un, la force de l\u2019autre\u2026 comme une image de nous, en somme.&#8221; Un vin de r\u00e9sistance, \u00e0 l\u2019image de ceux qui le font. \u00c0 bout de souffle peut-\u00eatre, mais toujours debout.<\/p>\n<div class=\"std-frame\">\n<h2 class=\"encart_titre\">Dix si\u00e8cles d\u2019histoire<\/h2>\n<div class=\"encart_texte\">\n<p>Entre Garonne et Lomagne, le vignoble de Saint-Sardos a toujours v\u00e9cu au rythme des vents contraires. Ici, la vigne n\u2019a jamais pouss\u00e9 sans lutter. Des moines du XIIIe\u00a0si\u00e8cle aux vignerons d\u2019aujourd\u2019hui, l\u2019histoire de ce terroir s\u2019\u00e9crit dans la pers\u00e9v\u00e9rance, le verre \u00e0 la main.<br \/>\u00c0 l\u2019\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale, les moines b\u00e9n\u00e9dictins faisaient d\u00e9j\u00e0 rayonner le vin de Saint-Sardos jusqu\u2019aux tables toulousaines. Leurs c\u00e9pages, patiemment acclimat\u00e9s aux humeurs du ciel, ont b\u00e2ti la r\u00e9putation d\u2019un cru \u00e0 la fois discret et obstin\u00e9. Puis vinrent les guerres, les crises, le phyllox\u00e9ra\u00a0: autant de coups port\u00e9s \u00e0 un vignoble qui, \u00e0 chaque fois, s\u2019est relev\u00e9.<br \/>Il faudra attendre 1956 pour que la renaissance prenne corps. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, quelques vignerons d\u00e9cident de s\u2019unir. La cave coop\u00e9rative na\u00eet, sobre et solide, h\u00e9riti\u00e8re des gestes anciens. Du raisin au verre, tout se fait ici, dans le m\u00eame souffle\u00a0: la vendange, la vinification, la mise en bouteille. Une ma\u00eetrise revendiqu\u00e9e comme un acte de foi en la terre.<br \/>En 2011, la cons\u00e9cration tombe\u00a0: Saint-Sardos obtient l\u2019AOC. Une r\u00e9compense plus qu\u2019un troph\u00e9e, symbole d\u2019un combat collectif pour faire reconna\u00eetre la singularit\u00e9 d\u2019un sol et la justesse d\u2019un climat. Depuis, les vignerons poursuivent leur route, entre tradition et sobri\u00e9t\u00e9, d\u00e9fendant une production raisonn\u00e9e, presque militante.<br \/>Dans les caves fra\u00eeches du village, on go\u00fbte ce vin charpent\u00e9 comme un manifeste\u00a0: celui d\u2019un pays qui ne c\u00e8de ni \u00e0 la facilit\u00e9 ni \u00e0 l\u2019oubli. \u00c0 Saint-Sardos, le temps a le go\u00fbt du courage.<\/p>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ladepeche.fr\/2025\/10\/11\/saint-sardos-une-cave-cooperative-a-bout-de-souffle-mais-toujours-en-vie-12986053.php\">source<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>l&#8217;essentiel \u00c0 Saint-Sardos, dans le Tarn-et-Garonne, la cave coop\u00e9rative centenaire vacille sous le poids des dettes. 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